Le gaulois n'a finalement que peu à voir avec le français
Si on admet couramment que la langue française a été largement influencée par le Gaulois, en réalité le français n'a retenu qu'une centaine de mots issus du gaulois. Ces mots sont généralement liés au milieu rural (soc, barque, glaise, palefrenier, talus) ou de toponymie (Lyon, Issoudun).
Le terme de langue nationale utilisé pour Hugues Capet est impropre. A l'époque, le concept de nation était totalement inconnu, personne ne se considérait comme français, on avait plutôt les Aquitains, les Auvergnats, les Picards, les Angevins, les Tourangeaux...
De plus, cette langue "nationale" n'était parlée qu'à Paris. Chaque région avait sa propre langue, au nord autour d'un même construct de langue d'oïl, plus fortement influencée par des éléments germaniques, et au sud une autre langue romane, la langue d'oc, beaucoup plus proche de langues comme le catalan, voire le castillan ou le toscan. Les différentes versions régionales de l'occitan (limousin, auvergnat, gascon...) sont encore parlées aujourd'hui, puisque c'est la langue régionale la plus parlée de France (loin devant le breton, l'alsacien, le corse...). A part les élites nobiliaires et ecclésiastiques très mobiles, personne en dehors de l'île de France ne parlait le francien d'Hugues Capet, donc ce terme de langue nationale est particulièrement impropre.
Au fur et à mesure, les élites locales ont peu à peu appris le français, soit dans sa forme francilienne, soit, surtout à partir du XVe siècle, dans sa forme tourangelle (dans les sources urbaines du sud de la France, on trouve peu à peu de plus en plus de textes en français à côté de ceux en occitan). Ce qui fait que lorsque François Ier a imposé le français en 1539 pour les actes administratifs, les élites locales n'ont eu aucun mal à s'adapter pour rédiger les registres paroissiaux et autres cahiers de délibérations municipaux en français. Cela n'a pas non plus empêché le peuple de continuer à parler les langues locales jusqu'au milieu du XIXe siècle voire au début du XXe, toutes les campagnes parlaient encore leur "patois" (même si ce terme est péjoratif).
Les langues régionales ont ensuite largement disparu suite à l'action de la IIIe République qui souhaitait imposer le français sur l'ensemble du territoire, quitte à faire disparaître les langues locales. Celles-ci ont repris un peu de vitesse dans les années 70 suite aux différents mouvements régionalistes. Elles sont aujourd'hui reconnues, même si la France refuse de ratifier la Charte européenne des Langues régionales, et peuvent être enseignées à l'école, de même qu'une signalisation routière bilingue a pu être mise en place.
Pour revenir plus près de l'anecdote, l'occitan en revanche ne compte pas beaucoup plus de mots d'origine gauloise que le français d'oïl, excepté, comme l'a dit un commentaire, dans la toponymie.
rem170
Ce qui est plutôt "couramment admis", c'est que le français, plutôt que "gauloise", est une langue "latine", non ?
Ceci dit, je pensais qu'il y avait plus de mots que ça, issus du gaulois ; la dernière source est intéressante en ce sens avec la liste de la centaine de mots.
gthegrey
Il y a aussi « char », qui vient du latin « carrus », lui-même du celte « carros ».
Dans les toponymies du Sud-Ouest, il y a des traces également : la terminaison en -ac, du latin -acum, du celte -akon (« le domaine de »).
Tous les commentaires
elibrir
Salut !
Le gaulois ça n'existe pas, ni comme peuple, ni comme langues, c'est une invention romaine pour désigner différent peuple d'une zone alors que ces même peuples (les celtes et autres) ne parlaient pas la même langue et ne pouvaient souvent pas se blairer (genre massilia, parisii et d'autres peuples )
ShaeGal
J'ai marqué l'anecdote comme JMCMB, car je n'ai jamais entendu dire que le français est issu du Gaulois.
Plutôt du latin, grec et celtes...
mastergeek
Aucune des source ne dit qu'une croyance populaire veut que la langue francaise ai été largement influencée par le gaullois...
shukakyu
Bon par contre faut pas oublier que gaulois c'est un terme très générique et qu'en réalité le peuple qui vivait sur le territoire de l'actuelle France était à des années lumière d'être unis, c'était plutôt un ensemble de tribus qui parlaient des dialectes différentes d'une région à l'autre
Clary13
D’ailleurs, il est intéressant de savoir que le français comporte plus de mot d’origine arabe que gauloise, comme « toubib » ou encore « caban ».
RebelOConner
euh, pour ma part, j'ai toujours entendu que le français est une langue latine, au même titre que l'italien et l'espagnol, entre autre. rien à voir avec le gaulois qui est une langue celte.
Gallicus
La construction des langues est un sujer passionant, mais tellement compliqué.
L'annecdote l'illustre bien : si peu de racines gauloises dans le français alors que jusque dans les années 1950 quasiment l'intégralité de la population descendait des Gaulois.
Korentin46
J'adore cette appli. Nottament pour les commentaires qui sont souvent plus interessants que l'anecdote. Mais en plus decouvrir que ces commentaires sont enrichis par des fins connaisseurs du Lot ! C'est inattendu. Je vais me pencher plus avant sur la toponymie de Themines, Rudelle et Autoire. Merci louis xi et g... (Je ne me souvient plus de ton pseudo : -)). K
Systir
J'avais lu une fois qu'il y avait davantage de mots français issus de l'arabe que tu gaulois,
Cela semble donc vrai
Aldark
"merci la gueuse, tu es un laideron mais tu es bien bonne". Le palefrenier du moyen âge.
fleurdelis
J'ai lu, un jour, que les francais,ont commencé a vraiment parlé francais, plutot que leur langue régionale en 1918
Les bataillons sont partie par ville tous les conscrits parlaient le meme dialecte, la guerre faisant beaucoup de victimes , les bataillons ont ete mélangé, pour communiquer les soldats ont laissé leur langue régionale pour le francais, et le francais est devenu la langue pour communiquer avec son "voisin"
L'ecole a fait le reste
Oresias
Il y a débat sur l'origine des premiers textes en Français.
Voir l'intervention de l'excellent Linguisticae au festival de Montbazon à ce propos.
https://youtu.be/EfJ_pMWpNyM
Garimors
Une langue rigolote aussi est l'anglais.
C'est une langue aux substrats celtico-latin, vraiment très faible pour le latin, qui a vu suite aux invasions saxonnes du 6eme siècle arrivait un superstrat massif qui est le germanique. Finalement avec l'invasion des normands au 11eme on a un second superstrat : le gallo-roman, une langue d'oïl ayant comme descendant le français, dans une certaine mesure.
Mais ce superstrat n'influence que le vocabulaire et pas la syntaxe. Ainsi l'anglais est une langue saxonne mais dont 80% du vocabulaire est roman.
Ainsi des mots comme spy, forest ou garden sont issus des mots e(s)pier, forêt ou jardin (et non de garten en allemand). En parlant de l'allemand il n'est pas rare que de trouver des mots latins et germaniques pour désigner des concepts identiques. Kingly et royal pour parler de la royauté.
Ils ont même des mots que le français a perdu aujourd'hui, comme "tu strive" (s'efforcer) qui vient du vieux français s'estriver (se quereller).
Enfin finalement un dernier exemple avec tous les noms de viande, beef, pork, veal et j'en passe !
Bref l'anglais est une drôle de langue :-)
LouisXI
Le terme de langue nationale utilisé pour Hugues Capet est impropre. A l'époque, le concept de nation était totalement inconnu, personne ne se considérait comme français, on avait plutôt les Aquitains, les Auvergnats, les Picards, les Angevins, les Tourangeaux...
De plus, cette langue "nationale" n'était parlée qu'à Paris. Chaque région avait sa propre langue, au nord autour d'un même construct de langue d'oïl, plus fortement influencée par des éléments germaniques, et au sud une autre langue romane, la langue d'oc, beaucoup plus proche de langues comme le catalan, voire le castillan ou le toscan. Les différentes versions régionales de l'occitan (limousin, auvergnat, gascon...) sont encore parlées aujourd'hui, puisque c'est la langue régionale la plus parlée de France (loin devant le breton, l'alsacien, le corse...). A part les élites nobiliaires et ecclésiastiques très mobiles, personne en dehors de l'île de France ne parlait le francien d'Hugues Capet, donc ce terme de langue nationale est particulièrement impropre.
Au fur et à mesure, les élites locales ont peu à peu appris le français, soit dans sa forme francilienne, soit, surtout à partir du XVe siècle, dans sa forme tourangelle (dans les sources urbaines du sud de la France, on trouve peu à peu de plus en plus de textes en français à côté de ceux en occitan). Ce qui fait que lorsque François Ier a imposé le français en 1539 pour les actes administratifs, les élites locales n'ont eu aucun mal à s'adapter pour rédiger les registres paroissiaux et autres cahiers de délibérations municipaux en français. Cela n'a pas non plus empêché le peuple de continuer à parler les langues locales jusqu'au milieu du XIXe siècle voire au début du XXe, toutes les campagnes parlaient encore leur "patois" (même si ce terme est péjoratif).
Les langues régionales ont ensuite largement disparu suite à l'action de la IIIe République qui souhaitait imposer le français sur l'ensemble du territoire, quitte à faire disparaître les langues locales. Celles-ci ont repris un peu de vitesse dans les années 70 suite aux différents mouvements régionalistes. Elles sont aujourd'hui reconnues, même si la France refuse de ratifier la Charte européenne des Langues régionales, et peuvent être enseignées à l'école, de même qu'une signalisation routière bilingue a pu être mise en place.
Pour revenir plus près de l'anecdote, l'occitan en revanche ne compte pas beaucoup plus de mots d'origine gauloise que le français d'oïl, excepté, comme l'a dit un commentaire, dans la toponymie.
Fracture
Et encore, avant le français était le latin MÉDIÉVAL, dérivé du latin des provinces romaines (pendant 1000 ans, excusez du peu), lui-même plus ou moins dérivé du latin de Rome. Le latin de la fin du Moyen Âge n'avait plus tellement à voir avec le latin qu'on apprend dans nos écoles :)
Xavierdu73
Tout le lexique francophone est occupé par les mots français... Tout ? Non ! Une poignée d'irréductibles mots gaulois résistent encore et toujours à l'envahisseur !
rem170
Ce qui est plutôt "couramment admis", c'est que le français, plutôt que "gauloise", est une langue "latine", non ?
Ceci dit, je pensais qu'il y avait plus de mots que ça, issus du gaulois ; la dernière source est intéressante en ce sens avec la liste de la centaine de mots.
gthegrey
Il y a aussi « char », qui vient du latin « carrus », lui-même du celte « carros ».
Dans les toponymies du Sud-Ouest, il y a des traces également : la terminaison en -ac, du latin -acum, du celte -akon (« le domaine de »).
LouisXI
rem170
gthegrey