Saint-Domingue, jackpot cauchemardesque

La colonie de Saint-Domingue fut un jackpot pour la France et un cauchemar pour les esclaves. A son apogée, à la fin du XVIIIe siècle, elle produisait à elle seule la moitié du café et du sucre consommé en Europe et aux Amériques, exportant autant de sucre que toutes les îles anglaises réunies.

Sources

Il n'y a pas encore de sources.

Tous les commentaires

korentin92

korentin92

Faire travailler les autres pour en tirer du profit personnel : la propriété. Tu achètes une société avec un emprunt que la société achetée rembourse pour toi. Ou encore acheter un appartement avec un emprunt que le locataire rembourse pour toi. C'est du capitalisme. C'est plus humain que l'esclavagisme, mais cela reste une forme d'exploitation. Heureusement il y a l'impôt proportionnel qui redistribu une partie de la richesse... Mais tout de même. Il existe une part d'inégalités. Et surtout, cela impose la croissance perpétuelle. Même si nous vivons une époque de paix exceptionnelle dans l'histoire, un ver existe. L'humanité a encore de grands défis à relever. ... C'est la façon dont je vois les choses. Ça reste de l'économie de comptoir de bar
Lolivied

Lolivied

Merci beaucoup à Kapotx pour ces précisions très intéressantes et enrichissantes. J’ai honte d’être blanc et français. Vraiment……
kepotx

kepotx

Ce jackpot cauchemardesque a continué bien après l'indépendance du pays. Saint-Domingue, devenue Haïti suite a une révolution qui se déclenche en parallèle a la révolution française, et se termine peu avant que Napoléon devienne empereur, a continué a rapporter énormément d'argent a la France, puis aux états-unis pour une raison lié à ses mêmes esclaves : Si l'île devient de facto indépendante en 1804, elle reste officiellement territoire français, y compris suite aux traités de paix mettant fin aux guerres napoléonienne. Ce n'est qu'en 1825 que la France reconnait l'indépendance du pays, non sans jouer un coup de diplomatie de la canonnière : La France exige qu'en échange le la reconnaissance d'indépendance, les colons esclavagistes soient indemnisé pour leur pertes de propriétés, que ce soit les plantations ou les esclaves. Le blocus maritime organisé durant les négociations, avec une menace de bombardement en prime, fait plier Haïti. En tout, 150 millions de franc sont exigés, correspondant à l’équivalent de dix ans de revenus nets d'exploitations de l'année 1823. A titre de comparaison, la France a vendu la Louisiane française (pour rappel, territoire bien plus grand que l'état qui en a gardé le nom) pour 80 millions de francs, et les indemnités des guerres napoléoniennes sont de 700 millions de franc-or. La somme est colossale pour un nouveau pays, qui a vu ses revenus s'effondrer, et c'est la que vient la double peine : afin de payer l'indemnité, Haïti emprunte de l'argent, a de forts taux, et devient vite insolvable. La France décide d’alléger le montant d’indemnisation, mais continue de siphonner une part énorme des revenus du pays. L’indemnisation est enfin complètement versé en 1883, mais le pays croule sous les dettes, venant notamment de banques françaises. En parallèle, les états unis d’Amérique exercent de plus en plus de pression sur le pays, et finissent par occuper le pays pendant 20 ans, suite a une révolution en 1915. Désormais, la dette n'est pas seulement française, mais aussi américaine. Au final, ce n'est qu'en 1952 que Haïti réglera enfin la dette de l'indépendance. Presque 150 ans après son indépendance de facto, 127 ans après leur reconnaissance officielle et le début du paiement. Au plus haut point de l'endettement, c'est 40% du revenu national qui est dirigé vers le cette dette. Il est indéniable que cette indemnisation, puis cette dette, qui a plombé les finances du pays pendant plus d'un siècle, a joué un rôle central dans la pauvreté du pays. Non seulement, a cause des intérêts et malgré la baisse de l'indemnisation, Haïti a payé plus que la somme initiale, mais c'est surtout qu'en privant le pays d'une énorme partie de ses bénéfices, c'est d'autant moins d'argent qui aurait pu servir a financer les infrastructures du pays