Sénèque essaya de ne plus être riche

Le philosophe Sénèque, qui prôna la frugalité et la retraite, fut pourtant l'une des plus grandes fortunes de Rome. Il essaya cependant à plusieurs reprises de rendre cette fortune à Néron qui l'avait accablé de cadeaux, pressentant que l'inconstant empereur en prendrait ombrage tôt ou tard.

Sources

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Bounty41

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Le philosophe, accusé d’avoir participé à une conjuration contre l’empereur Néron, a reçu l’ordre de se suicider. Il accepte la sentence et sa femme choisit de mourir avec lui. Les époux s’ouvrent les veines, mais la mort tarde à venir. Sénèque demande alors aux servantes d’éloigner sa femme pour éviter que l’un ne faiblisse à la vue des souffrances de l’autre. Pauline survivra, épargnée par l’empereur. Un médecin entaille les chevilles du philosophe pour que le sang coule plus vite et un esclave lui présente du poison. Au second plan, un centurion dépêché par Néron veille à l’exécution de la sentence. Sur la droite, un disciple note les dernières paroles du philosophe stoïcien, qui donne, par son trépas, l’exemple des plus hautes vertus morales face à la tyrannie.
fabb8

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Ce qui me fait penser à la mort de Socrate : « Criton fit un signe à l’esclave qui se tenait tout à côté. L’esclave sortit et mit un certain temps avant de revenir, suivi de celui qui devait donner le poison et qui l’apportait tout broyé dans une coupe. Quand il vit l’homme, Socrate lui dit : « Très bien, mon ami, c’est toi qui t’y connais, que faut-il faire ? – Rien d’autre, répondit-il, qu’aller et venir après avoir bu jusqu’à ce que tu sentes une lourdeur dans les jambes ; à ce moment, allonge-toi : de cette façon, cela fera son effet. » En même temps, il lui tendit la coupe. Socrate la prit. […] Il porta la coupe à ses lèvres et tout tranquillement, tout facilement, il la vida. Jusqu’à ce moment, nous avions, pour la plupart, réussi à nous retenir de pleurer ; mais quand nous vîmes qu’il buvait, et qu’il avait bu : impossible ! Ce fut plus fort que moi, je laissai moi aussi couler mes larmes, à tel point que je dus me couvrir le visage pour pleurer sur moi-même – car ce n’était pas sur lui, mais sur mon propre sort que je pleurais, en comprenant quel ami j’allais perdre. […] L’homme nous montrait que Socrate se refroidissait et devenait raide. Déjà presque toute la région du bas-ventre était froide ; découvrant son visage (car il se l’était couvert), Socrate dit – et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. Bien sûr, fit Criton, ce sera fait. Mais vois si tu n’as rien d’autre à nous dire ? » A cette question. Socrate ne répondit plus rien ; au bout d’un petit moment, il eut un soubresaut. L'homme lui découvrit le visage : Socrate avait le regard fixe. Voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux. Voilà, Echécrate, ce que fut la fin de notre ami, d’un homme dont nous pouvons dire que, parmi tous ceux qu’il nous a été donné de connaître, il fut le meilleur, le plus sensé aussi et le plus juste ». Platon, Phédon, 117b (Flammarion, Ed. Luc Brisson), pp.1239-1240.
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Attention tout de même aux termes car la philosophie stoïcienne est bien plus complexe que ne laisse présager l’expression courante aujourd’hui : être stoïque. Il ne sagit pas simplement d’être « droit » ou « digne ». Pour se faire une idée on peut lire les 10 principes de Marc Aurèle qui constituent une base simplifiée de la pensée stoïcienne.

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Ktou34

Ktou34

Superbe anecdote !
gthegrey

gthegrey

Lettre 2 : "Voici mon butin d'aujourd'hui : c'est chez Épicure que je l'ai trouvé, car j'aime aussi à passer dans le camp d'autrui. Comme transfuge ? Non pas ; comme éclaireur." Lettre 4 : "je t'envoie la pensée qui a aujourd'hui mon suffrage. Celle-ci encore, j'ai été la cueillir dans le jardinet d'un voisin." Lettre 7 : "Il faut finir et, comme j'en ai institué l'usage, payer quelque chose pour cette lettre. Je ne l'emprunterai pas à mon propre fonds : nous en sommes toujours à mettre au pillage Épicure. [...] Tu me demanderas peut-être pourquoi je fais tant de belles citations d'Épicure plutôt que de nos auteurs. Mais pourquoi toi-même regarderais-tu ces pensées comme propriété d'Épicure, non du public ?" Lettre 12 : "《Le mot, dis-tu, est d'Épicure. Qu'as-tu à faire de ce qui n'est pas chez nous ? 》Tout ce qui est vérité est ma vérité. Je ne cesserai pas de t'administrer de l'Épicure, afin que les gens, qui jurent sur la parole du maître et considèrent non ce qui est dit, mais qui l'a dit, sachent que les excellentes choses sont la parole de tous." Lettre 13 : "À cette maxime, je ne joindrais pas le nom de son auteur, si elle n'était un peu à part des autres, ne figurant pas, dans les recueils, avec les dits d'Épicure que j'ai pris sur moi de vanter et d'adopter." Lettre 14 : "《L'auteur ! 》, me dis-tu. Sache combien j'ai l'humeur libérale : je suis résolu à faire valoir les trouvailles d'autrui. C'est d'Épicure, de Métrodore, de tel autre de la même équipe. Au demeurant, qu'importe qui l'a dit ? c'est pour tout le monde qu'on l'a dit." Lettre 16 : "Ma lettre à peine ouverte, tu vas, si je te connais bien, la parcourir de l'œil, à la recherche du petit cadeau qu'elle doit t'apporter. Fouille, et tu trouveras. Ne t'émerveille pas de ma munificence : c'est encore du bien d'autrui que je suis libéral. Mais pourquoi dire : le bien d'autrui ? Toute belle pensée, d'où qu'elle vienne, est mon bien, voire même cette réflexion d'Épicure" De la même eau, on peut citer les lettres 21 ("si je rappelle plus volontiers les paroles de choix d'Épicure, c'est à l'intention de ces gens qui recourent à lui poussés d'une malsaine espérance, qui pensent se donner un voile pour couvrir leurs vices"), 22, 23, 29. Dans les lettres 31 et 32, il ne cite personne. Et voici quelques extraits de la 33 (celle que je numérotais 30 dans mes précédents commentaires) : "Tu désires que je continue d'insérer des sentences dans mes lettres, en les empruntant à nos maîtres stoïciens. Ce n'étaient pas des collectionneurs de fleurettes." "Ne fais donc pas honneur à Épicure de celles que je t'ai adressées ; elles sont à tout le monde et principalement à notre école. Mais, chez lui, elles se signalent davantage parce qu'elles apparaissent à de plus larges intervalles et parce qu'elles sont inattendues, parce qu'une forte parole surprend chez un homme qui fait profession de mollesse ; c'est du moins le jugement le plus répandu." "N'exige donc pas de maximes détachées, de pensées recueillies de-ci de-là : le stoïcisme présente comme un tout continu ce qui ailleurs n'est donné qu'en extraits. Le colifichet tapageur est un article que nous ne tenons pas ; nous n'abusons pas l'acheteur" "Ainsi donc, dépose l'espoir de goûter en l'effleurant le génie des grands hommes [...] Chaque trait de l'œuvre de génie est un des filaments qui composent la trame et qui la soutiennent ; rien ne s'en peut retrancher : autrement, tout croule."
Salvatron

Salvatron

Je vous renvoie à cette vidéo de Front Populaire où il apparait que de nombreux philosophes sont des riches professant aux pauvres de se passe de richesse... https://www.youtube.com/watch?v=lI4V9k3Y5dQ
fabb8

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Ce qui me fait penser à la mort de Socrate : « Criton fit un signe à l’esclave qui se tenait tout à côté. L’esclave sortit et mit un certain temps avant de revenir, suivi de celui qui devait donner le poison et qui l’apportait tout broyé dans une coupe. Quand il vit l’homme, Socrate lui dit : « Très bien, mon ami, c’est toi qui t’y connais, que faut-il faire ? – Rien d’autre, répondit-il, qu’aller et venir après avoir bu jusqu’à ce que tu sentes une lourdeur dans les jambes ; à ce moment, allonge-toi : de cette façon, cela fera son effet. » En même temps, il lui tendit la coupe. Socrate la prit. […] Il porta la coupe à ses lèvres et tout tranquillement, tout facilement, il la vida. Jusqu’à ce moment, nous avions, pour la plupart, réussi à nous retenir de pleurer ; mais quand nous vîmes qu’il buvait, et qu’il avait bu : impossible ! Ce fut plus fort que moi, je laissai moi aussi couler mes larmes, à tel point que je dus me couvrir le visage pour pleurer sur moi-même – car ce n’était pas sur lui, mais sur mon propre sort que je pleurais, en comprenant quel ami j’allais perdre. […] L’homme nous montrait que Socrate se refroidissait et devenait raide. Déjà presque toute la région du bas-ventre était froide ; découvrant son visage (car il se l’était couvert), Socrate dit – et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. Bien sûr, fit Criton, ce sera fait. Mais vois si tu n’as rien d’autre à nous dire ? » A cette question. Socrate ne répondit plus rien ; au bout d’un petit moment, il eut un soubresaut. L'homme lui découvrit le visage : Socrate avait le regard fixe. Voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux. Voilà, Echécrate, ce que fut la fin de notre ami, d’un homme dont nous pouvons dire que, parmi tous ceux qu’il nous a été donné de connaître, il fut le meilleur, le plus sensé aussi et le plus juste ». Platon, Phédon, 117b (Flammarion, Ed. Luc Brisson), pp.1239-1240.
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Attention tout de même aux termes car la philosophie stoïcienne est bien plus complexe que ne laisse présager l’expression courante aujourd’hui : être stoïque. Il ne sagit pas simplement d’être « droit » ou « digne ». Pour se faire une idée on peut lire les 10 principes de Marc Aurèle qui constituent une base simplifiée de la pensée stoïcienne.
Bounty41

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Le philosophe, accusé d’avoir participé à une conjuration contre l’empereur Néron, a reçu l’ordre de se suicider. Il accepte la sentence et sa femme choisit de mourir avec lui. Les époux s’ouvrent les veines, mais la mort tarde à venir. Sénèque demande alors aux servantes d’éloigner sa femme pour éviter que l’un ne faiblisse à la vue des souffrances de l’autre. Pauline survivra, épargnée par l’empereur. Un médecin entaille les chevilles du philosophe pour que le sang coule plus vite et un esclave lui présente du poison. Au second plan, un centurion dépêché par Néron veille à l’exécution de la sentence. Sur la droite, un disciple note les dernières paroles du philosophe stoïcien, qui donne, par son trépas, l’exemple des plus hautes vertus morales face à la tyrannie.