En Ouganda, on pratiquait des césariennes au XIXe siècle

On a reporté dans les années 1800 en Ouganda des césariennes sur femmes vivantes réussies avec des méthodes exclusivement indigènes. Du jus de banane fermenté était utilisé comme anesthésiant et désinfectant, et l'incision était cautérisée après l'opération. À cette époque, les césariennes pratiquées en Europe se terminaient dans leur immense majorité par la mort de la patiente.

Sources

Il n'y a pas encore de sources.

Anecdotes en relation

Cette anecdote n'a pas de relations.

Commentaires préférés

fuust

fuust

Petite précision car on a souvent tendance à se tromper de définition avec "indigènes". Ca veut dire "originaire de". Donc dans l'anecdote, les méthodes ont été imaginées et crées en Ouganda. Ca n'a rien à voir avec "sauvage" ou non-moderne comme certains peuvent le penser.
Galvatron

Galvatron

Cette anedocte est basée sur deux sources: - La source "nofi" est un site pro-africain, voir orienté "black panther", pour ne pas écrire raciste ou du moins à gloriole pour les noirs. Ce site renvoi donc pour étayer son propos vers la deuxième source. - La source nlm.gov (site US), compare effectivité les pratiques et taux de mortalité. Ceci écrit, ce n'est pas exhaustif, d'ailleurs ils écrivent même que: 1- en Europe c'est très bien documenté 2- en Afrique pas de source, mais des retours des explorateurs/colons/africains. Donc rien de scientifique côté africain. ==> anedocte à prendre avec des pincettes! Ceci écrit, je serais curieux de savoir si le jus de banane ont un réel effets et d'autre part si les pratiques ougandaises étaient vraiment bien. Car après tout, c'est en comparant les techniques des autres que l'on s'améliore.
TybsXckZ

TybsXckZ

Il est certain que l'anesthésie au jus de banane fermenté sur femmes mortes fonctionnait beaucoup moins bien.

Tous les commentaires

thomasdefrance

thomasdefrance

Mais oui c'est clair ! Par contre, est-ce que quelqu'un peut me préciser si c'est avant ou après avoir été pharaons, avoir construit des pyramides volantes, avoir inventé toutes les sciences qu'on leur a volé et avoir reconstruit l'Europe ? J'ai un peu de mal avec l'histoire du Wakanda, est-ce qu'il existe une série Netflix relatant cette période historique ?
rené1953

rené1953

Bon, lors de la préhistoire, (avant les Égyptiens, les Sumériens et les Chinois), "on" pratiquait ds trépanations et des opérations dentaires avec survie du patient : les os se sont cicatrisés avant son décès. Il est probable que le taux de survivance était faible, mais il y en avait. Pour la source américaine, je viens de la relire, elle ne parle que d'UN cas constaté
LaGlobule

LaGlobule

Oui merci. C'est gore mais quand même impressionnant quand on pense à l'époque et au lieu de l'opération. Chapeau les gars!
Khanos

Khanos

Merci Tybs, très impressionnant à lire et pleins de détails, faut quand même avoir l'estomac accroché... @kaka1995 pour le lien, s'il n'est pas cliquable on peut le copier coller !
TybsXckZ

TybsXckZ

"Le fer rouge a ensuite été utilisé pour suturer une nouvelle hémorragie de la plaie abdominale, mais j'ai remarqué qu'il était appliqué avec beaucoup de parcimonie. Pendant tout ce temps, le "chirurgien" en chef maintenait une pression ferme sur l'utérus, ce qu'il continuait à faire jusqu'à ce qu'il soit fermement contracté. Aucune suture n'a été posée dans la paroi utérine. L'assistant qui avait tenu les parois abdominales glissait maintenant ses mains à chaque extrémité de la plaie, et un tapis d'herbe poreuse était placé sur la plaie et y était fixé. Les bandes qui retenaient la femme au sol furent coupées, et elle fut doucement tournée vers le bord du lit, puis dans les bras des assistants, afin que le fluide de la cavité abdominale puisse s'écouler sur le sol. Elle fut ensuite replacée dans son ancienne position, et le tapis ayant été enlevé, les bords de la plaie, c'est-à-dire le péritoine, furent mis en place, sept fines pointes de fer, bien polies, comme des aiguilles d'acupression, étant utilisées à cet effet, et attachées par une ficelle faite de tissu d'écorce. Une pâte préparée en mâchant deux racines différentes et en crachant la pulpe dans un bol était ensuite appliquée sur la blessure, une feuille de bananier chauffée au feu était placée par-dessus, et enfin, un solide bandage de tissu mbugu complétait l'opération". "Jusqu'à ce que les broches soient placées en position, la patiente n'avait pas poussé de cris, et une heure après l'opération, elle semblait être tout à fait à l'aise. Sa température, pour autant que je sache, n'a jamais dépassé 99,6°F, sauf la deuxième nuit après l'opération, où elle était à 101°F, son pouls étant de 108". "L'enfant a été mis au sein deux heures après l'opération, mais pendant dix jours, la femme a eu très peu de lait et l'enfant a été principalement allaité par une amie. La blessure a été pansée le troisième matin, et une broche a ensuite été retirée. Trois autres ont été enlevées le cinquième jour, et le reste le sixième. À chaque pansement, on appliquait de la pulpe fraîche, et un peu de pus qui s'était formé était enlevé par une éponge formée de pulpe. Un pansement ferme a été appliqué après chaque pansement. Onze jours après l'opération, la plaie était entièrement cicatrisée et la femme semblait très à l'aise. Les pertes utérines étaient saines. C'est tout ce que j'ai vu de l'affaire, en partant le onzième jour. L'enfant avait une légère blessure à l'épaule droite ; celle-ci a été pansée avec de la pulpe, et a guéri en quatre jours." Partie 2/2 PS : Vu que Robert Felkin a noté tout cela dans son carnet de voyage, on peut utiliser le verbe "reporter".
TybsXckZ

TybsXckZ

Histoire de défendre un peu l'anecdote, je suis directement allé chercher le texte original qui en parle et qui correspond au carnet de notes de voyage de Robert Felkin. https://fn.bmj.com/content/80/3/F250 Le texte parle de 1879 et non de 1800 mais dans l'ensemble, l'anecdote semble juste. Traduction pour les anglophobes : "À ma connaissance, l'Ouganda est le seul pays d'Afrique centrale où la section abdominale est pratiquée dans l'espoir de sauver la mère et l'enfant. L'opération est pratiquée par des hommes, et elle est parfois réussie ; en tout cas, j'ai observé un cas où les deux ont survécu. Elle a été pratiquée en 1879 à Kahura. La patiente était une jeune femme d'une vingtaine d'années, en bonne santé et d'une belle apparence. C'était sa première grossesse ... La femme était allongée sur un lit incliné, dont la tête était placée contre le côté de la hutte. Elle était généreusement approvisionnée en vin de banane et se trouvait dans un état de semi-intoxication. Elle était parfaitement nue. Une bande de mbuga ou de tissu d'écorce fixait son thorax au lit, une autre bande de tissu lui descendait sur les cuisses et un homme lui tenait les chevilles. Un autre homme, debout sur son côté droit, stabilisa son abdomen (fig 1). L'opérateur se tenait, lorsque je suis entré dans la hutte, sur son côté gauche, tenant son couteau de la main droite en l'air et marmonnant une incantation. Cela fait, il se lave les mains et l'abdomen de la patiente, d'abord au vin de banane, puis à l'eau. Puis, après avoir poussé un cri strident, qui fut repris par une petite foule rassemblée à l'extérieur de la hutte, il procéda à une rapide incision dans la ligne médiane, commençant un peu au-dessus des poils pubiens et se terminant juste en dessous de l'ombilic. Toute la paroi abdominale et une partie de la paroi utérine furent sectionnées par cette incision, et l'amnios de l'alcool s'en échappa ; quelques points de saignement de la paroi abdominale furent touchés au fer rouge par un assistant. L'opérateur suivant a rapidement terminé l'incision dans la paroi utérine ; son assistant a tenu les parois abdominales à distance avec les deux mains, et dès que la paroi utérine a été divisée, il l'a également accrochée avec deux doigts. L'enfant a ensuite été rapidement retiré et remis à un autre assistant après que le cordon ait été coupé, puis l'opérateur, lâchant son couteau, a saisi l'utérus contracté avec les deux mains et l'a serré une ou deux fois. Il a ensuite placé sa main droite dans la cavité utérine par l'incision et, avec deux ou trois doigts, a dilaté le col de l'utérus de l'intérieur vers l'extérieur. Il a ensuite débarrassé l'utérus des caillots et du placenta, qui s'était alors détaché, en le retirant par la plaie abdominale. Son assistant s'est efforcé, sans grand succès, d'empêcher les intestins de s'échapper par la plaie." Partie 1/2
-knuf-

-knuf-

De l'alcool de BANANE en Ouganda dans les années 1800... Comment pouvez-vous êtres aussi crédules ?
Moe0150

Moe0150

On peut remarquer dans l'Antiquité l'importance des enfants nés sous césarienne, considérés comme miraculés, et concernant toujours des hommes exceptionnels, comme des héros, rois, fondateurs etc. C'est d'ailleurs un thème mythologique répandu chez les Perses, en Inde, en Corée, au Proche-Orient... Chez les grecs et romains, Bacchus/Dyonisos et Asclepios étaient également nés par césariennes. Au moyen-âge, le recours à la césarienne se faisait sur femme déjà morte. L'enfant était extrait et baptisé afin de sauver son âme, mais il était interdit d'ouvrir la mère si elle était vivante, car "le choix d'une vie ou d'une autre ne relève pas des hommes mais de Dieu". Le geste n'était probablement pas réalisé par des médecins mais par des membres du clergé. Il faudra attendre 1882, jusqu'à l'invention de la suture utérine, pour que la méthode devienne courante, bien qu'encore dangereuse notamment s'il y a déjà eu grossesses ultérieures. Pour finir, contrairement à la légende, le terme ne vient pas de Jules César (qui n'est pas né par césarienne), mais du latin "caedere" qui signifie "couper".
Khanos

Khanos

Effectivement, l'anecdote peut sembler un peu...légère, niveau preuve. Déjà, comme indiqué dans les sources, il s'agit seulement d'observation de colons. Ceci étant dit, il semble raisonnable de penser que, si un colon a pu tomber sur ces pratiques "par hasard" il est raisonnable de penser que c'était effectivement une pratique commune. On peut donc penser que des césariennes avec des moyens locaux étaient effectivement pratiquées avec succès. Impossible en revanche d'évaluer le-dit succès (à part qu'il semble supérieur à 0%), et ça rend donc caduque toute comparaison avec l'Europe. Comparaison qui est tout de même tenté dans une des sources et semble assez biaisé, puisque si l'on cherche un peu (ici par exemple https://www.jogc.com/article/S1701-2163(16)34373-0/pdf), à la même période (1870-1880), on avait un taux de mortalité de césarienne de 56% (l'échantillon est faible, c'est les USA et l'Angleterre, mais ça donne quand même une idée). Alors certes, le taux de mortalité était tout de même très élevé en Europe, et il est tout à fait possible qu'avec une anesthésie et un désinfectant, le taux ait été plus bas en Afrique, mais rien dans les sources ne permet cette conclusion. Par contre, rien que l'utilisation d'alcool de banane et d'autres méthodes peu conventionnelles pour moi me semble pleinement justifier l'anecdote, qui est très intéressante !
jonfronchoin

jonfronchoin

La dernier phrase est inutile. Elle lance un débat en comparant une minuscule partie du monde avec la partie du monde la plus peuplée. A l'époque. Effectivement ici l'Europe fière de sa soi-disant supériorité a raté l'importance de la désinfection pour ne pas perdre grande partie des parturiantes (césarienne ou pas). Elle en eut aussi l'occasion grâce à un médecin hongrois qui mourut sans avoir été écouté. Mais hongrois c'était pas encore assez civilisé (toujours pas d'ailleurs) pour être estimé. Mis à part l aspect recherche de reconnaissance, l'anecdote est très intéressante et le monde moderne doit retrouver les vertus des désinfectants naturels (vinaigre). C'est en train d'arriver et n'est pas prêt de s'arrêter puisque ça deviendra de plus en plus économique par rapport aux produits chimiques.
Galvatron

Galvatron

Cette anedocte est basée sur deux sources: - La source "nofi" est un site pro-africain, voir orienté "black panther", pour ne pas écrire raciste ou du moins à gloriole pour les noirs. Ce site renvoi donc pour étayer son propos vers la deuxième source. - La source nlm.gov (site US), compare effectivité les pratiques et taux de mortalité. Ceci écrit, ce n'est pas exhaustif, d'ailleurs ils écrivent même que: 1- en Europe c'est très bien documenté 2- en Afrique pas de source, mais des retours des explorateurs/colons/africains. Donc rien de scientifique côté africain. ==> anedocte à prendre avec des pincettes! Ceci écrit, je serais curieux de savoir si le jus de banane ont un réel effets et d'autre part si les pratiques ougandaises étaient vraiment bien. Car après tout, c'est en comparant les techniques des autres que l'on s'améliore.
Gladius

Gladius

On a "rapporté" plutôt qu'on a "reporté" non ?
TybsXckZ

TybsXckZ

Il est certain que l'anesthésie au jus de banane fermenté sur femmes mortes fonctionnait beaucoup moins bien.
rené1953

rené1953

Pas DES césariennes, UNE césarienne
fuust

fuust

Petite précision car on a souvent tendance à se tromper de définition avec "indigènes". Ca veut dire "originaire de". Donc dans l'anecdote, les méthodes ont été imaginées et crées en Ouganda. Ca n'a rien à voir avec "sauvage" ou non-moderne comme certains peuvent le penser.