Les premiers satellites renvoyaient physiquement leurs images

Les premiers satellites-espions renvoyaient leurs images sous forme matérielle : les films étaient éjectés dans des capsules protégées par un bouclier thermique et équipées d'un parachute. Après le déploiement du parachute, les capsules étaient récupérées en plein vol par des avions.

Sources

Il n'y a pas encore de sources.

Commentaires préférés

MNR187

MNR187

Je savais pas du tout ça m'impressionne. Ceci dit ça laisse un bon petit délais entre le cliché et son analyse. Sans compter que la méthode de récupération, sans nos instruments actuels (télémétrie, gps..), a l'air un peu chancelante.
ShaeGal

ShaeGal

Je m'attendais à ce que ces satellites contiennent quelques centaines de pellicules renvoyées régulièrement sur terre. Il n'en n'est rien. Une mission durait entre 1 et 16 jours et contenait une à deux capsules contenant chacune un seul film photographique.
Faux_administrateur

Faux_administrateur

Aaarg un de mes sujets de prédilection en astro/ aéronautique et je ne suis pas dispo pour compléter l'anecdote, grrr. En quelques minutes il y a quand même quelques détails que je peux rajouter pour ceux qui aiment le sujet. Le satellite KH-11 dont parle Epoxy se nomme ainsi parce qu'il fait partie du programme KeyHole de satellites espions (trou de serrure, quels déconneurs ces militaires). Une société spécialisée dans l'imagerie satellitaire s'est aussi appelée plus tard KeyHole, avant d'être rachetée, et se nomme maintenant ... Google Earth (d'où le K dans ses fichiers "kml"). Les satellites lâchaient effectivement leurs pellicules dans un compartiment nommé "le seau", ignifugé, et doté d'un parachute et d'un bouclier thermique. Il était très important que les pellicules ne soient jamais récupérées par un gouvernement étranger, car, en plus de la fuite de la technologie, savoir ou vous avez envie de regarder donne des informations à l'ennemi sur ce qui vous inquiète, ce que vous ne savez pas, etc. Donc si les capsules ne pouvaient pas être attrapées en vol au-dessus de l'océan par un avion traînant son crochet, ni par un hélico ou un bateau, les ingénieurs se fiaient sur une technologie simple : un bouchon de sel. Après 48 h dans l'eau, le sel avait fondu, la capsule se remplissait d'eau et coulait. Un système fiable ! La reconnaissance satellite a complètement changé le renseignement militaire. On pouvait voir à l'intérieur des bases en plein milieu de l'URSS ! Très vite, les militaires ont appris les horaires de passage des satellites au dessus de leur tête afin de stopper ou cacher leur activité à ces moments très précis. Ou alors de maquiller des usines entières pour faire croire qu'il y avait un lotissement d'habitation, grâce à des maquettes sur leur toit. Mais les militaires sont des malins et ont appris à regarder ce qui n'est pas là: par exemple le manque de chaleur (par infrarouge) sur le tarmac quand un avion a été stationné là puis enlevé. Aujourd'hui, la résolution des satellites est bien entendu classée secret. Les réglementations interdisent la commercialisation des photos de résolutions inférieures à 25 cm. Certaines spécialistes s'en servent pour compter le nombre de voitures dans les parking de centres commerciaux, en déduire le volume des ventes et donc le cours de la bourse de ces centres. Des sociétés prennent en photo (en résolution grossière) la terre tous les jours ! Mais grâce à une gaffe monumentale de Trump, on sait maintenant que les satellites espions ont *au moins* une résolution inférieure à 10 cm. C'est difficile d'aller très bas à cause de contraintes physiques : taille du miroir qui augmente, flou dû à la diffusion par l'atmosphère, mais aussi, il ne faut pas oublier que la terre défile sous l'objectif à 700 km par seconde. Difficile de faire net !

Tous les commentaires

Faux_administrateur

Faux_administrateur

Aaarg un de mes sujets de prédilection en astro/ aéronautique et je ne suis pas dispo pour compléter l'anecdote, grrr. En quelques minutes il y a quand même quelques détails que je peux rajouter pour ceux qui aiment le sujet. Le satellite KH-11 dont parle Epoxy se nomme ainsi parce qu'il fait partie du programme KeyHole de satellites espions (trou de serrure, quels déconneurs ces militaires). Une société spécialisée dans l'imagerie satellitaire s'est aussi appelée plus tard KeyHole, avant d'être rachetée, et se nomme maintenant ... Google Earth (d'où le K dans ses fichiers "kml"). Les satellites lâchaient effectivement leurs pellicules dans un compartiment nommé "le seau", ignifugé, et doté d'un parachute et d'un bouclier thermique. Il était très important que les pellicules ne soient jamais récupérées par un gouvernement étranger, car, en plus de la fuite de la technologie, savoir ou vous avez envie de regarder donne des informations à l'ennemi sur ce qui vous inquiète, ce que vous ne savez pas, etc. Donc si les capsules ne pouvaient pas être attrapées en vol au-dessus de l'océan par un avion traînant son crochet, ni par un hélico ou un bateau, les ingénieurs se fiaient sur une technologie simple : un bouchon de sel. Après 48 h dans l'eau, le sel avait fondu, la capsule se remplissait d'eau et coulait. Un système fiable ! La reconnaissance satellite a complètement changé le renseignement militaire. On pouvait voir à l'intérieur des bases en plein milieu de l'URSS ! Très vite, les militaires ont appris les horaires de passage des satellites au dessus de leur tête afin de stopper ou cacher leur activité à ces moments très précis. Ou alors de maquiller des usines entières pour faire croire qu'il y avait un lotissement d'habitation, grâce à des maquettes sur leur toit. Mais les militaires sont des malins et ont appris à regarder ce qui n'est pas là: par exemple le manque de chaleur (par infrarouge) sur le tarmac quand un avion a été stationné là puis enlevé. Aujourd'hui, la résolution des satellites est bien entendu classée secret. Les réglementations interdisent la commercialisation des photos de résolutions inférieures à 25 cm. Certaines spécialistes s'en servent pour compter le nombre de voitures dans les parking de centres commerciaux, en déduire le volume des ventes et donc le cours de la bourse de ces centres. Des sociétés prennent en photo (en résolution grossière) la terre tous les jours ! Mais grâce à une gaffe monumentale de Trump, on sait maintenant que les satellites espions ont *au moins* une résolution inférieure à 10 cm. C'est difficile d'aller très bas à cause de contraintes physiques : taille du miroir qui augmente, flou dû à la diffusion par l'atmosphère, mais aussi, il ne faut pas oublier que la terre défile sous l'objectif à 700 km par seconde. Difficile de faire net !
Astaron

Astaron

Quentin du Journal de l' espace en a parlé hier ^^
ShaeGal

ShaeGal

Je m'attendais à ce que ces satellites contiennent quelques centaines de pellicules renvoyées régulièrement sur terre. Il n'en n'est rien. Une mission durait entre 1 et 16 jours et contenait une à deux capsules contenant chacune un seul film photographique.
RJV1

RJV1

Tu serais étonné du chancèlement !
MNR187

MNR187

Je savais pas du tout ça m'impressionne. Ceci dit ça laisse un bon petit délais entre le cliché et son analyse. Sans compter que la méthode de récupération, sans nos instruments actuels (télémétrie, gps..), a l'air un peu chancelante.