Les pelotons d'exécution ne sont pas toujours efficaces

L'exécution d'un condamné à mort peut se révéler laborieuse, même pour un peloton d'exécution. À titre d'exemple, Roger Degueldre, lieutenant français membre de l'OAS, fut atteint par une seule balle sur celles des onze tireurs. Six balles furent ensuite nécessaires pour lui donner le coup de grâce.

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rem170

rem170

"Médaille militaire" quand il était sous-off, "Croix de guerre", Croix de la valeur militaire", "Chevalier de la Légion d'honneur", "Commandeur de la Légion of merit" (distinction américaine décernée pour bravoure au combat auprès des armées américaines)... Voilà un gars qui avait servi son pays comme rarement. Comment un homme comme ça aurait-il pu soutenir la traitrise et le mensonge de De Gaulle sur le balcon à Alger : "Je vous ai compris..." ? Pour quelques semaines après ne négocier qu'avec le FLN, quelques mois après faire voter "l'Autodétermination", puis donner l'indépendance à l'Algérie en laissant sur le carreau près d'un million de personnes (français et harkis) se faire massacrer par le FLN... Qui, sur place à ce moment là, peut prétendre ne pas vouloir prendre les armes pour se défendre ? En 1966 lors d'une interview, De Gaulle lui même a avoué avoir menti ce jour là à Alger, et que tout était prémédité... Je ne mélange pas ici les bienfaits ou méfaits d'une colonisation (l'indépendance était sans doute inéluctable) ; je dis qu'un Président chef de guerre, militaire de surcroît, a trahi son pays et menti à ses officiers et à toute une population en négociant en cachette avec "l'ennemi" ; pour quelques accords de gaz semble t-il... Qui était le traitre ? Les militaires n'ont pas été dupes d'ailleurs : si une seule balle sur onze a touché Degueldre c'est parce que 10 ont tiré à côté... Plusieurs officiers ont refusé de commander le peloton d'exécution et ont été emprisonnés et dégradés... Un général en charge s'est suicidé pour ne pas avoir à exécuter l'ordre... Voilà une bien triste période de l'histoire de la france qui entâche sacrément le curricumum d'un pourtant "grand homme" par ailleurs.
rené1953

rené1953

Maintenant les tireurs des pelotons d’exécution se mettent en groupe et tirent tous dans le même sens. Autrefois, les militaires se mettaient en cercle autour du condamné. Cette pratique a été abandonnée quand l'État-Major s'est inquiété du nombre de victimes dénombrées à chaque exécution
Gilgawesh

Gilgawesh

Roger Degueldre avait su jouer de ce sentiment qu'il partageait : "On nous a trompés, disait il, on nous a fait tromper des gens. On leur a dit : on restera, et l'on veut aujourd'hui dégager ? Pas question. Nous on reste. Par tous les moyens. C'est la voie de l'honneur...et de la réussite. Puisque le FLN est devenu un interlocuteur valable par le terrorisme nous le deviendrons par le même moyen, en éliminant nos ennemis !" (...) C'est au PC du boulevard Marcel-Duclos que Degueldre, véritable aiguilleur de la mort, vérifiait les fiches opérationelles et y apposait ses deux lignes terrifiantes : "ABAO/ORO/Z.A1 Pour OPS ponctuelle" Deux lignes qui condamnaient à mort. OPS ponctuelle C'avait un côté sérieux mais ça voulait dire deux balles dans la tête. Sur ces fiches, l'avis d'un informateur classé A1., c'est à dire de toute confiance, suffisait à Degueldre. Sur quelques lignes tapées à la machine il décidait de la vie d'un homme. Voici la fiche d'un "condamné" trouvée dans les archives OAS : "Bulletin de renseignement: Origine : Eve / Paulette (cad le Dr Pérez) Valeur A1 Cornu Georges 3 chemin des Glycines Alger. Se déplace toujours sur moto de marque Ariel A immatriculée 659 BC 9A. Communiste notoire et propagandiste acharné. Cet individu a été mis à la porte plusieurs fois à la suite de sa propagande en faveur de PCA (parti communiste Algérien). Se targue d'avoir énormément voyagé et de tout connaître, mais en fait, n'a aucun métier dans les mains...Par contre possède une langue qui dans nos intérêts, aurait sacrément besoin d'être raccourcie !" Au bas de la fiche, de la main de Dgueldre, le verdict : ABAO/ORO/Z A1 Pour OPS ponctuelle." La mort ! Yves Courrière - Les feux du desespoir

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Svendsen

Svendsen

Pour des militaires, ils ont surtout l'air fragile face à un gars mourant ! Ok la porte c'est derrière ;-)
Dmaot

Dmaot

Je vous livre le commentaire du livre « J’accuse De Gaulle » – édition 2016 – par Manuel Gomez. Qui est Roger Degueldre ? Né dans le nord de la France il entre en résistance en 1942, à moins de 20 ans, auprès des partisans communistes FTP (Francs-Tireurs et Partisans) (Cela est important contre ceux qui veulent démontrer que l’OAS n’était composée que de d’extrémistes fascistes). Degueldre s’engage dans la Légion étrangère, se bat en Indochine où il obtient la médaille militaire pour acte de courage, puis c’est l’Algérie. Refusant de se renier devant le serment fait sur la tombe du colonel Jeanpierre : « Plutôt mourir, mon colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN. Je vous le jure ! » – Il entre en clandestinité le 11 décembre 1960 et prend le commandement opérationnel des commandos « Delta ». Degueldre est arrêté le sept avril 1962 et condamné à mort le 28 juin de cette même année, malgré l’engagement de son avocat, Me Tixier-Vignancourt qui estime que le général Salan (chef du lieutenant Degueldre) épargné il est impensable que celui-ci soit exécuté. Degueldre décroche ses nombreuses décorations et les remet à sa femme. Nous sommes au fort d’Ivry le six juillet 1962. C’est l’aurore. Il fait une belle journée d’été, presqu’aussi chaude que celles que Degueldre a connu en Algérie. On le réveille. Il revêt sa tenue léopard, enroule autour de son cou le foulard de la Légion et pose sur sa tête le béret vert du 1erRégiment de Parachutistes, dont il porte l’insigne sur sa poitrine. Degueldre éprouve le besoin de s’exprimer une dernière fois : «Je suis fier de mourir pour tenir le serment qu’a fait tout officier ayant servi en Algérie. J’ai donné ma parole, je la tiens. Dîtes aux Algériens que, si je ne suis pas de leur race, n’étant pas né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours». Se tournant ensuite vers l’avocat général Gerthoffer : « Je ne vous garde pas rancune, mais je vous plains ». Puis vers son défenseur, Me Tixier-Vignancour, : « Dîtes que je suis mort pour la France ». Attaché au poteau, Degueldre refuse qu’on lui bande les yeux. La mort ne lui fait pas peur, il l’a tellement côtoyé depuis ses vingt ans. Serrant le drapeau tricolore contre sa poitrine et posant sa main sur la poche de sa vareuse où se trouve la photo de son petit garçon, Philippe, qu’il n’a jamais vu, il crie « Vive la France » et entonne d’une voix claire et puissante La Marseillaise. Devant tant de courage et de patriotisme le peloton d’exécution hésite à tirer puis la salve part et le peloton se retire. L’adjudant-chef chargé de donner le coup de grâce s’approche mais constate que Degueldre est toujours vivant. Une seule balle, sur les douze, l’a atteint au ventre. Il ne s’agit plus alors d’achever un moribond mais de tuer de sang-froid un être vivant. Sa main tremble, il tire mais à côté. Ceux qui assistent à cette scène surréaliste sont stupéfaits. Devant une telle situation, unique dans les annales, les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée et que le condamné étant toujours en vie, il faut lui porter les soins nécessaires et c’est à cet instant que cette exécution devient un « assassinat ». L’avocat général très irrité fait signe au sous-officier de recommencer, cependant que Degueldre, recroquevillé sur lui-même, souffre le martyr. L’adjudant-chef, dont la main tremble encore davantage, pointe une nouvelle fois son arme vers la tête du supplicié et, fermant les yeux, appuie sur la détente. Pas un bruit, l’arme s’est enrayée. Le lieutenant Degueldre tourne son regard vers le sous-officier ne comprenant pas la situation dramatique dans laquelle il se trouve. Une rumeur monte de l’assistance. L’avocat général ordonne qu’une autre arme soit apportée et comme personne parmi les militaires présents n’en possède une il faut se dépêcher d’aller en chercher. Degueldre est toujours vivant et c’est là que Me Tixier-Vignancour, pourtant si prompt à saisir la moindre occasion devant un prétoire, reste pétrifié, hypnotisé par la scène à laquelle il assiste, et il s’en souviendra jusqu’à sa mort. Il aurait dû se précipiter, se jeter sur le corps de Degueldre, exiger que l’on arrête ce massacre, mais il ne bouge pas. Un pistolet est remis à l’adjudant-chef, aussi pâle que le lieutenant, écoeuré par cette boucherie, mais obéissant aux ordres sans avoir le courage de se révolter. Il tire une nouvelle fois mais pas au-dessus de l’oreille, comme le stipule le règlement, mais près de l’omoplate et, enfin, c’est la dernière détonation. Le lieutenant Degueldre a rejoint les siens au paradis des héros. Le 06 juillet 1962 un officier français a été assassiné sur ordre du général de Gaulle et aujourd’hui, près de 60 ans plus tard, tous ceux qui font référence au gaullisme, tous les héritiers de De Gaulle, ont le sang du lieutenant Degueldre sur leurs mains
nicomputer

nicomputer

Le point de vue! Exemple, de mon point de vue, le mec qui a balancé les infos sur les exactions en Afghanistan est un héros parce qu'il a délibérément foutu sa vie en l'air pour ça, du point de vue du Pentagone, c'est passible de la peine de mort ce qu'il a fait. Acte de trahison! Attention je ne cherche pas à justifier quoi que ce soit, tirer sur des gens, c'est pas bien je suis pas débile, à fortiori quand on tire sur des innocents, des civils, mais, le point de vue, quoi, c'est relatif, quand on est convaincu d'avoir raison, beh... on est con-vaincu, et ça peut justifier l'abominable. Les terroristes du Bataclan étaient convaincus de faire quelquechose de juste... La connerie, ça peut aller très loin quand on est sur de soi! :( P.S je voulais répondre au dernier comm de Rem mais le site a encore planté! ^^
elohpdm

elohpdm

Rien à voir mais j’en profite car c’est un mot qui revient régulièrement. HÉROS est un mot invariable qui prend un S au singulier ET au pluriel. Hero est en anglais. Sinon, comme les autres je me demande comment 9 tireurs sur 10 ont pu manquer leur cible c’est curieux quand même. Et au final ça peut représenter plus de souffrance pr le condamné s’il ne meurt pas lors du seul tir qui le touche. Plus qu’à recommencer.
Gilgawesh

Gilgawesh

Roger Degueldre avait su jouer de ce sentiment qu'il partageait : "On nous a trompés, disait il, on nous a fait tromper des gens. On leur a dit : on restera, et l'on veut aujourd'hui dégager ? Pas question. Nous on reste. Par tous les moyens. C'est la voie de l'honneur...et de la réussite. Puisque le FLN est devenu un interlocuteur valable par le terrorisme nous le deviendrons par le même moyen, en éliminant nos ennemis !" (...) C'est au PC du boulevard Marcel-Duclos que Degueldre, véritable aiguilleur de la mort, vérifiait les fiches opérationelles et y apposait ses deux lignes terrifiantes : "ABAO/ORO/Z.A1 Pour OPS ponctuelle" Deux lignes qui condamnaient à mort. OPS ponctuelle C'avait un côté sérieux mais ça voulait dire deux balles dans la tête. Sur ces fiches, l'avis d'un informateur classé A1., c'est à dire de toute confiance, suffisait à Degueldre. Sur quelques lignes tapées à la machine il décidait de la vie d'un homme. Voici la fiche d'un "condamné" trouvée dans les archives OAS : "Bulletin de renseignement: Origine : Eve / Paulette (cad le Dr Pérez) Valeur A1 Cornu Georges 3 chemin des Glycines Alger. Se déplace toujours sur moto de marque Ariel A immatriculée 659 BC 9A. Communiste notoire et propagandiste acharné. Cet individu a été mis à la porte plusieurs fois à la suite de sa propagande en faveur de PCA (parti communiste Algérien). Se targue d'avoir énormément voyagé et de tout connaître, mais en fait, n'a aucun métier dans les mains...Par contre possède une langue qui dans nos intérêts, aurait sacrément besoin d'être raccourcie !" Au bas de la fiche, de la main de Dgueldre, le verdict : ABAO/ORO/Z A1 Pour OPS ponctuelle." La mort ! Yves Courrière - Les feux du desespoir
rem170

rem170

"Médaille militaire" quand il était sous-off, "Croix de guerre", Croix de la valeur militaire", "Chevalier de la Légion d'honneur", "Commandeur de la Légion of merit" (distinction américaine décernée pour bravoure au combat auprès des armées américaines)... Voilà un gars qui avait servi son pays comme rarement. Comment un homme comme ça aurait-il pu soutenir la traitrise et le mensonge de De Gaulle sur le balcon à Alger : "Je vous ai compris..." ? Pour quelques semaines après ne négocier qu'avec le FLN, quelques mois après faire voter "l'Autodétermination", puis donner l'indépendance à l'Algérie en laissant sur le carreau près d'un million de personnes (français et harkis) se faire massacrer par le FLN... Qui, sur place à ce moment là, peut prétendre ne pas vouloir prendre les armes pour se défendre ? En 1966 lors d'une interview, De Gaulle lui même a avoué avoir menti ce jour là à Alger, et que tout était prémédité... Je ne mélange pas ici les bienfaits ou méfaits d'une colonisation (l'indépendance était sans doute inéluctable) ; je dis qu'un Président chef de guerre, militaire de surcroît, a trahi son pays et menti à ses officiers et à toute une population en négociant en cachette avec "l'ennemi" ; pour quelques accords de gaz semble t-il... Qui était le traitre ? Les militaires n'ont pas été dupes d'ailleurs : si une seule balle sur onze a touché Degueldre c'est parce que 10 ont tiré à côté... Plusieurs officiers ont refusé de commander le peloton d'exécution et ont été emprisonnés et dégradés... Un général en charge s'est suicidé pour ne pas avoir à exécuter l'ordre... Voilà une bien triste période de l'histoire de la france qui entâche sacrément le curricumum d'un pourtant "grand homme" par ailleurs.
Malavin

Malavin

La mort avant le déshonneur
trucbidule

trucbidule

ce qui est drôle sur ce site, c'est que tout est presque toujours analysé d'un point de vue strictement technique : un homme se fait fusiller et on demande quel était le calibre des balles, leur alliage, quelle figure géométrique formaient les tireurs, quelle était la pluviométrie ce jour-là, etc. C'est tout simplement grotesque.
Pierre57

Pierre57

Pourtant une balle de gros calibre à bout portant est sure , propre et efficace
Tdbile

Tdbile

L'impact était-il plus petit qu'une pièce d'un euro ?
rené1953

rené1953

Maintenant les tireurs des pelotons d’exécution se mettent en groupe et tirent tous dans le même sens. Autrefois, les militaires se mettaient en cercle autour du condamné. Cette pratique a été abandonnée quand l'État-Major s'est inquiété du nombre de victimes dénombrées à chaque exécution
Ryuck

Ryuck

Je n'imagine pas la galère dans les deux camps, j'espère que la sixième balle à été donner au second tour et non au sixième...